Le perfectionnement, Discours par Louis Segond à Chêne-Bourgeries en 1864

LE PERFECTIONNEMENT

DISCOURS

par

LOUIS SEGOND
Pasteur de l’Église de Genève
Paroisse de Chêne-Bourgeries

GENÈVE
Imprimerie Bonnant,
rue Verdaine, 7

1864


Voici le Discours : intitulé «Le Perfectionnement» sur lequel Louis Segond, traducteur de La Sainte Bible, a signé :

«Au revoir, dans l’éternité!
Votre ami fidèle et dévoué en J.-C.
Louis SEGOND, pasteur
Chêne-Bourgeries, 15 juin 1864»


LE PERFECTIONNEMENT

____________

«Soyez parfaits, comme votre Père qui
est dans le ciel est parfait.
Matth. V, 48.

  Comme cette Parole, Mes frères, révèle la grandeur de notre être, et la sublimité des destinées que nous avons reçues en partage dans l’oeuvre de la création! Quel rayon de lumière elle projette sur les sentiers, parfois si obscurs et si pénibles, de la vie terrestre, mais dont l’issue peut aboutir à une couronne incorruptible, à un héritage qui ne saurait ni se souiller, ni se flétrir! Ce n’est pas à la pierre, ce n’est pas à la plante, ce n’est pas à la brute, pas même à l’astre du jour, si bienfaisante soit sa chaleur; c’est à l’Homme, misérable et chétive créature, mais marquée d’une divine empreinte, qu’il a été dit : «Soyez parfaits, comme votre Père qui est dans le ciel est parfait.»

  Glorieux privilège que celui qui nous permet d’éloigner le regard de tout ce qui respire l’imperfection, pour nous appeler à l’imitation directe du Dieu vivant et Vrai ! Idéal, si l’on veut, par rapport au but à atteindre; néanmoins, stimulant bien autrement énergique que la contemplation de tous ces saints d’humaine invention, nécessairement entachés d’infirmités qui nous séduisent, plus peut-être que leurs qualités et leurs vertus ne nous captivent et nous entraînent. Dans l’auréole qui entoure la Divinité, rien d’impur, rien de souillé, rien qui fasse ombre; et plus on s’absorbe dans sa contemplation, plus on a chance de concentrer sur soi quelques reflets de ses adorables perfections.

  Si le Sauveur du monde a suffisamment compris toute l’étendue de notre corruption, lorsqu’il s’est offert en sacrifice pour les péchés des hommes, il connaît aussi les besoins d’infini et les saintes aspirations qui travaillent une âme régénérée et désireuse de lui appartenir. C’est pourquoi il a dit à ses disciples : «Soyez parfaits, comme votre Père qui
est dans le ciel est parfait.»

  Cette parole du Maître, nous sommes heureux de la répéter au milieu de la solennité de ce jour. Nous la répétons tout particulièrement pour vous, Catéchumènes : recevez-la avec joie et n’en perdez jamais le souvenir. C’est le dernier conseil de votre Pasteur, qui vous exhorte ainsi à prendre désormais la vie au sérieux, parce qu’il veut avant tout le bien
de vos âmes, parce qu’il voudrait pour vous quelques places dans ce ciel où Christ est assis à la droite de Dieu. Amen !

I

  Quand vous entendez le Sauveur disant : «Soyez parfaits, comme votre Père qui est au ciel est parfait,» nous n’avons pas à craindre
que vous vous attachiez trop à la lettre d’une pareille exhortation. Votre esprit en fait bien vite l’équivalent de ce précepte de l’Apôtre Paul : «Tendez à la perfection» (2 Cor. XIII, 11). Et, à cet égard, vous n’avez pas tort, si seulement vous vous faites une juste idée du perfectionnement, des motifs qui doivent y pousser, des moyens à mettre en oeuvre, et des résultats probables ou possibles.

  En termes clairs, se perfectionner, qu’est-ce?

  C’est devenir meilleur.

  Par conséquent, ce n’est pas vaquer avec assiduité aux exercices religieux, lire les Saintes Écritures, s’appliquer à en saisir le sens, et augmenter la somme de ses connaissances bibliques. Tout cela est de première importance, sans aucun doute. Mais Voici.

  Se perfectionner, c’est par-dessus tout mettre en pratique la Parole, et ne pas se contenter de l’écouter; en sorte qu’elle agisse sur notre volonté, sur notre vie, pour imprimer un sceau de sainteté à tout ce qui sort de notre bouche et de notre coeur. C’est, pour qui a reconnu sa misère—et aveugle qui ne la reconnaît pas!— combattre à outrance, lutter, et jusqu’au sang, afin de remporter la victoire. C’est obéir aux
inspirations de la conscience, voix d’En-Haut, que l’on ne refoule pas impunément. C’est faire, je dis faire, ce que prescrivent les enseignements divins, ce que réclament de nous la famille et la société, les propres besoins de nos âmes. C’est, en définitive, marcher dans la voie du progrès moral, avancer et non reculer; car, dans la vie chrétienne, comme en toutes choses, rester stationnaire est impossible, et qui n’avance pas recule : le mot stationnaire est une invention des hommes, qui n’a pas son correspondant dans la réalité.

  Et maintenant, pourquoi devons-nous tendre à la perfection? Pourquoi devons-nous travailler à devenir parfaits, comme notre Père qui est au ciel est parfait?

  La réponse est facile.

  D’abord, parce que nous sommes Chrétiens. Si nous examinons sérieusement la religion du Sauveur, nous verrons qu’elle est un appel constant au perfectionnement. Comptez, si vous le pouvez, les instructions du Maître, qui exhortent au progrès moral; et dites s’il appartient véritablement à Jésus celui qui n’aspire pas à devenir plus juste, plus doux, plus humble, plus patient, plus soumis, plus ardent à la conquête des biens du ciel. Et les Apôtres, que disent-ils, que prêchent-ils? que font-ils? Toujours les mêmes exhortations, le même exemple donné, le même empressement à poursuivre la couronne de gloire, au milieu des veilles, des fatigues et des dangers. St-Paul souhaite la mort comme terme final de la course, comme repos éternel dans le sein de Dieu; mais, tant que dure ici-bas son pèlerinage, il travaille avec courage, il veut se faire une conscience exempte de reproches; et, s’il aspire au salut pour son propre compte, il n’est pas indifférent à celui de ses frères, il veut les gagner à Christ, et il leur montre la sainteté comme champ de bataille de leurs efforts communs Sur cette terre. Catéchumènes, ne séparez donc jamais ces deux mots : christianisme et perfectionnement. Et ce n’est pas seulement parce que nous sommes Chrétiens, que nous devons tendre à la perfection. C’est parce que c’est là le but pour lequel nous sommes éclos à la vie : notre organisation, nos facultés, nos talents, les instincts que nous portons au-dedans de nous, tout le démontre. C’est ce qui nous distingue de la plante et de l’animal : possibilité, et par suite devoir pour qui entre dans les vues de Dieu, de développer les forces et l’adresse de ses membres, de développer son être intellectuel et moral. Sans cela, notre rôle serait nul : autant vaudrait brouter l’herbe, ou s’épanouir au soleil comme la fleur des champs. Voici maintenant par où éclate l’inépuisable amour de Celui que nous appelons Père : plus nous marchons au progrès, plus nous sommes avides d’y marcher; et quand nos organes s’affaissent, quand la terre nous manque, nous convoitons cette vie d’En-Haut, où notre développement n’aura d’autre limite que l’infini, et où nous nous rapprocherons de plus en plus du type suprême et adorable de toute perfection.

  Enfin, s’il est permis d’invoquer ce dernier motif, nous n’hésitons pas à affirmer qu’il y a dans le fait même du perfectionnement une source des plus pures et des plus vivantes de joies intérieures et spirituelles, impossibles à décrire. Qui de vous ne l’a pas éprouvé en quelque mesure ce sentiment d’ineffable satisfaction, qui accompagne la victoire sur tel ou tel des mauvais mouvements de notre coeur? Avez-vous comparé avec les fruits de l’un des plaisirs quelconques que le monde peut vous offrir? En général, on se méprend par avance sur ce qui procure à notre âme la paix et la joie; on rêve les richesses, la position sociale, les distractions, le succès, la renommée; et quand on expérimente la réalité en ce qui touche le coeur et la conscience, rien de tout cela n’équivaut au plus petit progrès moral, au plus léger triomphe sur le moindre de nos penchants. Ici, jamais de regrets, jamais d’arrière-pensées, qui oppressent, jamais de voix accusatrices; l’existence alors n’a plus rien de terne; de nouveaux besoins surgissent, on a été si heureux des grâces moissonnées sur cette route, que l’on en veut encore et toujours.

  Voilà pourquoi le perfectionnement nous est demandé par Christ, notre Maître et notre Modèle.

II

  Chers Catéchumènes, si vous pouviez en cet instant prendre la parole, et dire devant cette assemblée ce qui vous préoccupe le plus, ce qui est votre voeu le plus ardent, vous diriez, n’est-il pas vrai? que c’est le désir d’avancer dans la connaissance et la pratique de vos devoirs, dans cette sagesse «qui vient d’En-Haut,» dans la piété qui «a les promesses de la vie présente et de celle qui est à venir.» Et ce cri sortirait de votre bouche : Que faut-il que nous fassions?

  Ce cri, je l’attendais, et j’ai hâte d’y répondre. Je connais assez les dispositions de vos coeurs, et les aspirations qui saisissent en ce moment solennel de la vie.

Je vous dirai donc, non pas moi; mais la Parole Sainte, mais le Sauveur, mais les Apôtres, mais tous ceux qui ont fait l’expérience de la vie chrétienne, vous diront : «Combattez le péché.» Ce qui signifie : Aimez Dieu. Car, comme Dieu a le mal en horreur, plus vous ferez effort pour combattre le mal, plus vous témoignerez par là que vous voulez obéir à votre Dieu, lui plaire, vous dévouer à lui.

Or, vous combattrez le péché, si vous entretenez l’habitude de vous examiner vous-mêmes, souvent, sincèrement, interrogeant votre conscience et sondant les replis de votre coeur, sans crainte, sans scrupule d’amour-propre, et sous le regard de Dieu, qui vous suit pour vous guider et vous bénir dans vos recherches. Saisissant alors tout ce qu’il y a d’imparfait dans vos sentiments et votre conduite, vous vous humilierez, et vous n’aurez pas cette aigreur, ce dépit, que vous éprouvez parfois, lorsque des amis, des supérieurs, un père, une mère, vous signalent les défectuosités de votre nature pécheresse. C’est vous qui les aurez constatées ou vérifiées par votre examen ; et vous les confesserez à Dieu tout d’abord, aux hommes, s’il est nécessaire, et vous travaillerez avec un nouveau courage à vous relever de vos chûtes et à vous perfectionner dans la sainteté, selon le commande
ment du Seigneur.

Vous combattrez le péché, si vous ne prenez pas vos semblables pour mesure de vos efforts et de votre satisfaction spirituelle. Malheur à qui se compare à autrui, pour justifier ses penchants! malheur à qui s’endort sur une faute, parce qu’il n’est pas seul à la commettre! malheur à qui fixe le regard au bas de l’échelle morale, pour se prévaloir de ses qualités et de son mérite! Bien vite, le combat cesse, le respect humain devient guide unique, les apparences suffisent, on s’aveugle sur les réalités, et l’on se complaît dans son aveuglement. Oh! chassez, chassez loin de vous toute idée de comparaison avec vos frères, à moins que vous ne vous sentiez assez forts pour ne voir en eux que ce qu’il y a de bon, pour ne relever que ce qui est digne de louange, pour n’imiter que ce qui est honorable et vertueux. Si vous n’avez pas encore cette force, ou plutôt ce degré d’amour, fuyez ces fatales comparaisons, je le répète et je vous en conjure.

Vous combattrez le péché, si vous suivez les inspirations de votre conscience. La conscience, voyez-vous, c’est une boussole, qui n’égare pas quand on ne met rien à la traverse, quand on se rend attentif à ses premiers mouvements, et qu’on ne cherche pas à les combattre par des vues contradictoires et séductrices. Les avertissements qu’elle nous donne, on les entend bien ; mais trop souvent, on prend conseil ailleurs. Et alors ce qu’on a poursuivi, même obtenu, ne donne aucune satisfaction réelle à l’âme. Voici une jeune personne, à qui l’on offre un plaisir qui, sans avoir rien d’essentiellement coupable, peut devenir dangereux par les tentations qui risquent de l’entourer. Tout d’abord elle hésite, puis elle voudrait jouir, puis reparaissent les scrupules, puis enfin elle cède; et bientôt survient en elle une sorte de malaise, qui l’empêche de jouir et lui fait regretter sa détermination. Voyez-la au contraire décidée à suivre les inspirations de sa conscience ; il lui semble peut-être qu’elle fait un sacrifice, — l’imagination rend plus attrayant l’objet d’une privation — mais ensuite une joie intime et pure, comme ne l’est aucune des joies du monde, inonde son coeur et la rend heureuse bien au delà de ce qu’elle eût espéré. Conservez donc avec soin cette délicatesse de conscience, à laquelle on est plus accessible encore à votre âge qu’on ne l’est plus tard, alors que l’intérêt et tant d’autres passions la mettent incessamment en péril. Si vous la cultivez, si vous la développez, vous trouverez là, à côté d’indicibles jouissances, d’immenses ressources pour faciliter votre sanctification.

Vous combattrez le péché, si vous vous attachez à Christ, de tout votre coeur, si vous êtes fondés et enracinés en lui; si, semblables à Marie, vous mettez votre bonheur à saisir ses instructions, pour les faire correspondre aux besoins de vos âmes; si vous le suivez avec empressement dans sa vie terrestre, pour apprendre de lui l’abnégation , le support, l’humilité, la patience. Cet attachement à Christ, en développant votre amour pour Dieu qui vous a fait don d’un pareil modèle, multipliera vos forces pour résister au mal qui habite en vous ou qui viendra du dehors vous livrer ses redoutables assauts. Enfin, vous combattrez le péché, si vous mettez sérieusement à profit le don de la prière. Ne vous laissez pas arrêter par la pensée que vous n’avez pas toujours été exaucés, et que vous n’avez pas dans la prière trouvé un remède assuré contre vos chûtes. Ce n’est pas ainsi que raisonne le Chrétien. Dites plutôt que vous priez mal. Dites encore que, pour votre bien, Dieu, qui sait l’avenir, ne vous accorde pas toutes les faveurs temporelles dont vous seriez avides. Mais, si vous allez à Lui, dans l’intérêt de votre âme, avec foi, avec humilité, avec ardeur, avec persévérance, au nom de Jésus-Christ, ne dites pas que vos prières sont inutiles. Quoi ! il y a des pères qui donneraient leur vie pour un enfant; et le Père des pères, le Dieu des miséricordes ne nous entendrait pas! Et, s’il ne vous refuse pas son Saint-Esprit; s’il vous accorde consolation dans les maux, force contre la tentation, courage dans l’adversité, joyeuse et complète soumission à sa volonté sainte—tout cela, n’est-ce rien ? Ne sont-ce pas des dons précieux, qui acheminent de plus en plus dans la voie du perfectionnement?

III

  Maintenant, Catéchumènes, qu’arrivera-t-il? Qu’arrivera-t-il de vos efforts? quel fruit recueillerez-vous de l’emploi des moyens que je vous ai signalés? Atteindrez-vous le but? La perfection sera-t-elle un jour votre partage?

Hélas! non. Vous n’y parviendrez jamais. — Consolez-vous par avance; car je vous le dis, non point pour vous décourager, mais bien plutôt pour vous fortifier, pour vous exciter à poursuivre votre marche, malgré les échecs que vous subirez. La perfection n’appartient qu’à Dieu ; prenez- en votre parti; mais ne vous lassez pas de viser à elle : c’est l’Évangile qui l’ordonne. Dussiez-vous, ce qui n’est pas, ne réaliser aucune espèce de progrès, si vous avez persévéré pour en faire, si vous n’avez pas négligé la prière , si vous avez mis en oeuvre toutes les ressources qui vous étaient offertes, Dieu tiendra compte de vos efforts, et vous aurez accompli votre tâche. Mais, il n’est pas possible de rester ainsi en dehors de tout progrès, soyez-en certains.

Vous ne parviendrez pas à la perfection.—Mais, vous aurez gravi quelques échelons. Vous aurez vaincu certains penchants, vous en aurez émoussé d’autres, vous aurez acquis ce qui vous manquait, développé ce que vous ne possédiez qu’en partie. — Mais, vous aurez lutté. C’est le rôle du Chrétien sur la terre. Il est ici-bas pour combattre, et non pour se reposer : le sommeil qui se prolonge n’est bon ni pour le corps, ni pour l’esprit, ni pour l’âme. Dans toute position, que l’on soit pauvre ou riche, petit ou grand, heureux ou malheureux, il faut lutter contre le péché, que la tentation se présente sous la forme de richesse, de pauvreté, de bonheur ou d’adversité. — Mais, vous aurez fait des chûtes. Tant mieux. Tant mieux , si vous êtes convaincus que vous avez fait des chûtes, et non des progrès : c’est déjà une victoire sur l’amour-propre et l’orgueil. L’humilité vous enseignera où résident les forces sur lesquelles On peut compter, et dès lors vous mettrez plus d’empressement et de persévérance à implorer l’Esprit de Dieu. — Mais, vous aurez compris pourquoi Christ est venu sur la terre. Plus de doute, à vos yeux, que ce ne soit pour les malades et les infirmes, ce qui veut dire pour vous et moi, pour tout coeur d’homme qui bat sous la voûte des cieux. Et Jésus sera Véritablement pour vous un Sauveur, et vous accepterez son sacrifice sur la croix, et à cette parole : « Suis-moi » vous répondrez comme le fit Matthieu, et vous vivrez de sa Vie, Vous le bénirez de ce qu’il vous a appelés des ténèbres à la lumière. —Mais, vous aurez cherché les choses d’En-Haut. Et vous aurez soif d’aller où Jésus est allé, lui qui disait : «Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.» Sachant qu’il est allé dans le ciel préparer des places à ses fidèles disciples, qui de vous ne s’écrierait : Il y en a une pour moi de ces places, oui, une pour moi, si j’aime mon Sauveur; et je veux aimer mon Sauveur, je veux aller auprès de Lui? Et vous Chrétiens, Frères bien-aimés, si vous n’avez pas encore connu, ou si vous avez laissé s’éteindre en vous le désir, le besoin du perfectionnement, saisissez cet appel de Dieu pour le ranimer au dedans de vous. Combien, n’est-il pas vrai? qui sont moins avancés spirituellement qu’à l’époque où ils occupaient les places de ces Catéchumènes! Et cela, parce que les passions, les intérêts, les plaisirs du monde, ont exercé sur eux leur fatale influence. Ah! que de confessions à l’appui n’avons-nous pas entendues déjà de la bouche d’anciens Catéchumènes! Point de découragement, toutefois. Que la vue d’un idéal, impossible à atteindre, ne vous épouvante pas, et ne ralentisse pas vos efforts. Ce n’est pas lorsqu’on a une course longue et périlleuse à accomplir, qu’il faut dire : Je ne saurais faire un pas. Dites plutôt, comme le disait et faisait St-Paul : «Je poursuivrai ma course.» Quoi! parce que vous vous sentez incapables d’atteindre à la cîme de cette montagne qui se perd dans les nues, vous voulez vous priver des frais ombrages dont vous jouiriez à mi-côte, du parfum suave de mille fleurs odorantes, et des délicieuses perspectives sur lesquelles plongerait votre regard enchanté ! . . . Allez seulement, pour suivez l’idéal, répétant avec l’Apôtre : «Je puis tout en Christ, qui me fortifie. Soyez imitateurs de Dieu. Soyez parfaits comme votre Père qui est au ciel est parfait.» . . . . Relevez-vous donc, pour donner votre coeur à Dieu.

Et que ce Dieu de miséricorde et d’amour exauce, en faveur de tous, nos voeux et nos prières, au nom de Jésus-Christ ! Amen !


Notice bibliographique (Extrait de) :

SEGOND, Louis. «Souvenirs pour mes anciens cathéchumènes, Quatre discours, Pasteur de l’Église de Genève» Genève, 1864, in-18.


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Tous droits réservés
Publié par Guylaine Roy
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